SUMARIS

Contexte

Les pêcheurs opérant dans la Manche-est et Mer du Nord pêchent une grande variété d’espèces. La plupart d’entre elles sont gérées avec un TAC (total admissibles des captures). Le TAC a été introduit en 2009, en Manche-est (zone VIId) pour les raies, et regroupe ainsi plusieurs espèces de raies.  L’état de conservation et d’exploitation varie d’une espèce à l’autre. Du fait d’un manque de connaissances scientifiques, la Commission Européenne adopte une approche de précaution dans la fixation des TACs, méthodologie qui peut menacer l’activité des professionnels.

De plus, dans le cadre de l’Obligation de débarquement instaurée par la politique commune des pêches, les pêcheurs doivent depuis le 1er janvier 2019 ramener à quai les poissons capturés même si ceux-ci ne répondent pas aux critères de taille autorisés à la vente ou ne sont pas ciblés par les pêcheurs. Les espèces disposant d’un quota limitant et capturés accidentellement ou en même temps que d’autres espèces (pêcheries mixtes) sont appelées « choke species ». Le risque pour les pêcheurs est de se voir obligés de rester à quai pour ne pas pêcher des espèces n’ayant plus de quota, entraînant alors une perturbation globale de leur activité. Des exemptions à cette Obligation de débarquement existent, notamment si pour l’espèce concernée, il a été a prouvé un taux de survie élevé. En 2019, les raies bénéficient d’une exemption de survie, le temps pour les acteurs concernés de mener des projets et d’apporter des preuves scientifiques supplémentaires pour la maintenir durablement. Parmi ces espèces étudiées, la raie bouclée est la raie la plus capturée dans l’espace des 2 Mers.

Le projet

Le FROM Nord a lancé en 2017 le projet européen SUMARiS (Sustainable Management of Rays & Skates) dont l’objectif final est de proposer une gestion durable et transfrontalière pour les stocks de raies en Manche et Mer du Nord. Le projet, doté de 2 millions d’euros, est soutenu à 60% par le programme Interreg 2 Mers qui encourage la coopération en Manche et Mer du Nord. Le consortium se compose d’organisations professionnelles (le FROM Nord, Rederscentrale et KEIFCA), d’instituts scientifiques (Ifremer et ILVO) et enfin de l’aquarium Nausicaá. Le pôle AQUIMER, le centre scientifique anglais CEFAS et l’organisation professionnelle néerlandaise VisNed sont également impliqués dans le projet en tant que partenaires observateurs.

Méthode

Les partenaires aspirent à approfondir les connaissances scientifiques au niveau biologique et géographique des différentes espèces de raies présentes en Manche-est et Mer du Nord. Les scientifiques ont coopéré afin d’établir un atlas de répartition des espèces de raies, une nouvelle clé taille-âge ainsi qu’une meilleure connaissance des cycles de reproduction.  Une base de données a été créée afin de mettre en commun l’ensemble des éléments relatifs aux captures de raie de chaque Etat membre du projet et d’y intégrer les résultats des marées et des tests de survie. Une session de formation à sa bonne utilisation s’est tenue pour les observateurs et les partenaires.

Le consortium va procéder à des tests de survie, lors de marées expérimentales sur des fileyeurs et des chalutiers français, belges et anglais, dans les zones VIId et IVc.  Les scientifiques ont formé à la méthode utilisée les observateurs qui embarquent lors des marées afin d’évaluer la survie des raies (méthode RAMP).  Ces tests effectués à bord et en laboratoire visent notamment à démontrer le bon taux de survie des raies afin de conserver l’exemption à l’Obligation de débarquement, actuellement en vigueur.

Le projet SUMARiS encourage les professionnels à adopter des meilleures pratiques. Les pêcheurs et le personnel de criée sont formés à la bonne manipulation des raies lors de sessions, réalisées grâce au même support (traduit en trois langues) en France, en Belgique et en Angleterre. Des outils tels qu’un guide d’identification et de manipulation, un support éducatif et une vidéo de reconnaissance ont été développés et diffusés.

L’élaboration de la gestion commune se fonde sur les travaux scientifiques. Les scientifiques élaborent différents scénarios pour évaluer les stocks de raies. En effet, les raies présentent la particularité d’être des espèces DLS (Data limited stock), et donc pour lesquelles l’évaluation de la biomasse est compliquée par manque d’informations suffisantes. Les effets des différents scénarios sont présentés pour favoriser une gestion biologique et socio-économique durable. De plus, les partenaires échangent avec des parties prenantes spécialistes du sujet et informés de l’évolution du projet. Ceux-ci ont notamment participé à une conférence à Canterbury, sur les possibilités de faire évoluer les modalités de gestion des différents stocks, telles que les tailles minimales ou bien la méthode actuelle d’établissement des TACs.

Retrouvez toutes les informations, outils, et résultats du projet sur le site dédié : 

Présentation du projet SUMARIS

Les partenaires du projet

Le projet SUMARIS a été lancé le 17 octobre 2017. Dans le cadre du projet, les partenaires se rencontrent dans les différents Etats Membres lors de groupes de travail, de comité exécutif afin d’échanger sur les avancées du projet. Le consortium participe également à des évènements publics pour assurer la visibilité du projet SUMARIS.

Les partenaires du projet :
FROM NORD – Rederscentrale – KEIFCA – Ifremer – ILVO – Nausicaà – VisNed – Cefas – Pôle AQUIMER

Les axes du projet

La recherche

Afin d’approfondir les connaissances scientifiques des raies présentes en Manche-est et Mer du Nord, les scientifiques ont établi un atlas de répartition des espèces de raies. Ils ont également élaboré une nouvelle clé taille-âge pour la raie bouclée, ainsi que travaillé à une meilleure connaissance des cycles de reproduction.  De plus, une base de données a été créée afin de mettre en commun l’ensemble des éléments relatifs aux captures de raie de chaque Etat membre du projet depuis 1999 et afin d’y intégrer les résultats des marées et des tests de survie. Une version de cette base de données sera disponible, pour le grand public, à la fin du projet.

Les marées

Les observateurs, formés à la méthodologie des tests de survie (RAMP), évaluent, lors de marées, la survie des raies en Manche Est-Mer du Nord. Le suivi des espèces s’effectue également en laboratoire ; les raies sont gardées en bassin au moins trois semaines afin d’évaluer la survie sur le long terme.

  • 07/2018 – Première marée sur le Laurent Geoffrey (1)
  • 09/2018 – Première marée sur le Saint Jacques II (2)
  • 10/2018 – Premières marées belge(3) et anglaise (4)

La formation des professionnels

Les partenaires du projet SUMARIS encouragent les professionnels à adopter des meilleures pratiques. Les pêcheurs et le personnel de criée sont formés à l’identification des différentes espèces de raies ainsi qu’à leur bonne manipulation lors de sessions de formation. Lors de ces sessions, une attention particulière est donnée à la déclaration des captures dans les journaux de pêche.

La gestion commune des raies

La gestion commune des raies se fonde sur les travaux scientifiques menés lors du projet comme les différents scénarios pour évaluer les stocks de raies. En effet, les raies présentent la particularité d’être des espèces DLS (Data limited stock), et donc pour lesquelles l’évaluation de la biomasse est compliquée par manque d’informations suffisantes. Les partenaires échangent avec des parties prenantes spécialistes du sujet et informées de l’évolution du projet. Ceux-ci ont notamment participé à une conférence à Canterbury, sur les possibilités de faire évoluer les modalités de gestion des différents stocks, telles que les tailles minimales ou bien la méthode actuelle d’établissement des quotas.

La communication du projet

Afin de partager les connaissances sur les raies au grand public, ainsi que de faire profiter les professionnels de la pêche des résultats du projet, de nombreuses actions de communication sont mises en place (participation à des évènements, présence sur les réseaux sociaux…) :

  • 25/09/2018 – Intervention à la Conférence annuelle du Conseil International pour l’Exploration de la Mer, Hambourg (1)
  • 12/03/2019 – Intervention à la conférence du projet Marina à Nausicaà, Boulogne-sur-Mer (2)
  • 12/04/2019 – Festival des cerfs-volants, Berck (3)
  • 20/04/2019 – Chasse aux œufs de raies, Boulogne-sur-Mer (4)
  • 16/05/2019 – Conférence de management des raies, Canterbury (5)
  • 07/06/2019 – Journée mondiale de l’océan, Boulogne-sur-Mer (6)
  • 11-14/07/2019 – Fêtes de la Mer, Boulogne-sur-Mer (7)
  • 26/11/2019 – Sortie à bord du navire de KEIFCA, Ramsgate (8)
  • 10/12/2019 – Présentation du projet au lycée maritime, Boulogne-sur-Mer (9)
  • 11/04/2020 – Présentation du projet au lycée hôtelier, Dunkerque